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Mission Lac Karakul, Tadjikistan

Mission Lac Karakul, Tadjikistan

Par Cécile Pérol

Du 15 au 25 août 2016, une expédition d’exploration géologique, constituée de 8 géologues de spécialités différentes, de l’Université Paris-Sud (Sylvain Bouley : planétologue ; Antoine Séjourné : géomorphologue ; Bertrand Saint-Bézar : structuraliste ; Benjamin Brigaud : sédimentologue ; Marion Szczyglowski ; étudiante de Master), de l’Université de Toulouse (David Baratoux : planétologue ; Lenka Baratoux : pétrographe) et de l’Institut de Géologie du Tadjikistan (Jovid Aminov : pétrographe), s’est rendu au Tadjikistan étudier l’un des plus grands cratères formés par l’impact d’un astéroïde sur Terre et certainement l’un des plus jeunes que l’on trouve sur notre planète. Deux photo-journalistes ont également pris part à l’expédition (Jean-Luc Dauvergne et Jean Mouette).


Lac Karakul @Jean-Luc Dauvergne

Le Tadjikistan, petit pays d’Asie Centrale, connu pour sa chaîne montagneuse du Pamir possède également sur son territoire une formation géologique exceptionnelle, un cratère d’impact. Ce cratère de 50 km de diamètre appelé Karakul abrite un lac situé à 4000 mètres d’altitude non loin des frontières kirghiz et chinoise. Si quelques premiers indices laissent penser que Karakul est un cratère formé par l’impact d’un astéroïde, il est nécessaire d’organiser une nouvelle expédition pour confirmer l’origine de ce lac qui a peut être bouleversé l’histoire géologique du Pamir.

En 1993, Eugène Gurov, scientifique Ukrainien avance pour la première fois l’hypothèse du cratère d’impact pour le lac Karakul. Jamais exploré depuis, un groupe de scientifiques français et tadjiks a organisé une nouvelle expédition en juillet 2011 qui a permis d’étudier une petite partie de la structure (la presqu’ile et l’ile au centre du lac). Le cratère faisant 50 km de diamètre, les scientifiques ont encore beaucoup à étudier, notamment l’ouest du lac inaccessible en voiture.

C’est ainsi qu’une nouvelle expédition a eu lieu du 15 au 25 août 2016 pour étudier les terrains inaccessibles aux géologues jusqu’à aujourd’hui, notamment l’ile et la côte ouest du lac reliée par aucune route. Les géologues sont partis de la ville de Osh au Kirghizistan pour rejoindre le lac Karakul et sont restés 7 jours sur place pour étudier et cartographier un maximum de terrains et prélever des échantillons de roche.

Lors de la précédente expédition, les scientifiques avaient utilisé un bateau à rames pour se rendre sur l’île, mais cet équipement a montré ses limites pour explorer un lac de 20 km de diamètre. Lors de cette nouvelle expédition, un bateau à moteur acquis grâce à un financement participatif a permis de récolter des sédiments au fond du lac à l’aide d’un échantillonneur de type benne et à prélever des roches de différentes lithologies sur l’îlot centrale du lac. Le zodiac a été laissé aux habitants de Karakul (Association Ecotourisme du Pamir) afin de promouvoir leur lac et le cratère. L’expédition en elle-même (transports, séjours des scientifiques) a été financée par les laboratoires Géosciences Paris-Sud (Université Paris-Sud/CNRS), Géosciences environnement Toulouse (CNRS/IRD/Université Paul Sabatier), l’association Uranoscope de France et l’Ambassade de France au Tadjikistan.


L’équipe scientifique

Voir en ligne : Site web Université Paris-Sud