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31/10/2014 - RICCI Julia

Evolution spatio-temporelle du volcanisme de Basse-Terre (Guadeloupe, Petites-Antilles) revisitée à partir de nouvelles données géochronologiques, géochimiques et géomorphologiques.

  • Directeur : Xavier QUIDELLEUR
  • Financement : alloc. MESR

Thèse soutenue le vendredi 31 octobre 2014 à 14h30 devant le jury composé de :

- Pr. Xavier Quidelleur (Université Paris-Sud), Directeur de thèse
- Dr. Pierre Lahitte (Université Paris-Sud), co-directeur de thèse
- Phys. Georges Boudon (IPGP), Rapporteur
- Dr. Andrew Calvert (USGS), Rapporteur
- Pr. Matthieu Kervyn (Université libre de Bruxelles), Examinateur
- Pr. Giuseppe Siani (Université Paris-Sud), Examinateur

Résumé :

Lors de cette étude, trente-sept nouveaux âges ont été obtenus par la technique Cassignol-Gillot, complétant à 128 âges le nombre de données disponibles sur l’île de Basse-Terre. La très bonne reproductibilité des âges obtenus dans cette étude, et la cohérence de ces derniers sur l’ensemble des massifs, appuie l’utilisation de la méthode K-Ar pour la datation des laves des Petites Antilles. Les données géochronologiques ont été associés à des analyses géochimiques et géomorphologiques dans le but de contraindre l’évolution spatio-temporelle du volcanisme de Basse-Terre, mais également d’apporter de nouvelles contraintes sur les taux de construction et d’érosion en contexte tropical.

Le volcanisme récent de Basse-Terre, i.e. inférieur à 1 Ma, se concentre dans la moitié sud de l’île. Composée de trois massifs volcaniques (Piton de Bouillante, Sud Chaîne Axiale et le Complexe Volcanique de Grande-Découverte), son activité a débuté au nord-ouest par la mise en place du Piton de Bouillante entre 906 ± 13 et 712 ± 12 ka, avec un taux de construction de 0.7 ± 0.2 km3/kyr. Les nouvelles données obtenues lors de cette étude montrent qu’aucun effondrement de flanc majeur n’a affecté cet édifice. L’activité volcanique a ensuite rapidement migrée vers le sud-est pour former entre 681 ± 12 et 509 ± 10 ka les volcans de Moustique, Matéliane, Capesterre et Icaque, qui constitue le massif Sud Chaine Axiale. La contemporanéité des âges obtenus sur l’ensemble des édifices, et le taux de construction calculé à 0.5 km3/kyr, appuient la mise en place du sud de la Chaine Axiale par un unique massif volcanique, contredisant les hypothèses d’effondrement de flanc précédemment proposées. L’homogénéité géochimique observée sur l’ensemble du massif supporte l’hypothèse d’un seul édifice. Entre 500 et 450 ka, le flanc ouest du massif Sud Chaîne Axial a été affecté par un slump formant le volcan d’Icaque. La dépression formée a permis la mise en place du volcan du Sans-Toucher entre 451 ± 13 et 412 ± 8 ka. Entre 400 et 200 ka, très peu d’activité effusive a pu être mise en évidence. Depuis 200 ka, l’activité volcanique se concentre dans le sud de l’île, avec la mise en place du Complexe Volcanique de la Grande-Découverte, par une succession de phase de construction et de destruction. La dernière activité volcanique a permis la construction du dôme actuel de La Soufrière.

Les investigations géomorphologiques nous ont également permis de contraindre les taux d’érosion ayant affecté l’île de Basse-Terre. Ainsi, le Piton de Bouillant subit une érosion de 1 250 ± 700 t/km²/an depuis 700 ka. Pour les volcans du Sans-Toucher, et des Monts-Caraïbes, nous avons obtenus un taux d’érosion similaire, respectivement de 940 ± 380 et 610 ± 550 t/km²/an. Malgré une localisation et une morphologie initiale différentes, la similarité des taux de construction obtenus pour les volcans de Basse-Terre met en évidence l’absence d’un effet barrière sur l’érosion à long terme, pourtant majeur à plus courte échelle de temps.